Une interview pour remettre les agents publics au cœur du débat
À l’occasion d’une émission spéciale consacrée aux élections professionnelles dans la fonction publique, plusieurs représentants de la CFE-CGC ont échangé sur les réalités vécues par les agents de l’État, de la fonction publique hospitalière et de la fonction publique territoriale.
Pour le Syndicat national des territoriaux – SNT CFE-CGC, cette interview permet de rappeler une évidence trop souvent oubliée : derrière les budgets, les réorganisations, les décisions administratives et les politiques publiques, ce sont avant tout des femmes et des hommes qui font vivre chaque jour les services publics.
Et lorsque les conditions d’exercice se dégradent, ce sont à la fois les agents et la qualité du service rendu aux citoyens qui sont concernés.
Les agents territoriaux au cœur du service public
Communes, intercommunalités, départements, régions, établissements publics : les collectivités territoriales interviennent dans une multitude de domaines qui structurent la vie quotidienne.
Écoles, collèges, routes, action sociale, culture, petite enfance, espaces publics, équipements sportifs, logement, environnement, services administratifs…
Derrière chacune de ces politiques publiques, il y a des agents.
Pourtant, ces personnels doivent aujourd’hui composer avec des contraintes de plus en plus fortes : manque d’effectifs, réorganisations, difficultés de recrutement, augmentation de la charge de travail, perte de pouvoir d’achat ou encore manque de perspectives professionnelles.
Comme le rappelle Béatrice Barrau, présidente du Syndicat national des territoriaux, la fonction publique territoriale possède aussi une particularité : la libre administration des collectivités conduit à des situations très différentes selon les employeurs.
Régimes indemnitaires, organisation du travail, action sociale, télétravail, moyens matériels ou politiques de ressources humaines peuvent fortement varier d’une collectivité à l’autre.
Dans ce contexte, l’accès à une information fiable et à un accompagnement syndical de proximité prend tout son sens.
Connaître ses droits, pouvoir être conseillé, accompagné et défendu ne devrait jamais être un privilège.
Titulaires et contractuels : défendre tous les agents
La place des agents contractuels dans la fonction publique constitue également l’un des sujets abordés lors de l’émission.
Leur présence est désormais une réalité importante du fonctionnement des services publics.
Pour le SNT CFE-CGC, il n’est pas question d’opposer titulaires et contractuels.
Tous participent au fonctionnement des collectivités et tous doivent pouvoir bénéficier de conditions de travail respectueuses, de rémunérations adaptées à leurs responsabilités et de véritables perspectives professionnelles.
Certains contractuels choisissent ensuite de passer les concours et d’intégrer durablement la fonction publique. D’autres poursuivent leur carrière sous contrat.
Ces parcours de plus en plus diversifiés imposent une approche syndicale capable de défendre tous les agents, quel que soit leur statut.
Le pouvoir d’achat reste au premier rang des préoccupations
La rémunération demeure l’une des principales inquiétudes exprimées par les agents publics.
La hausse du coût de la vie, le tassement des grilles indiciaires et la faible progression des rémunérations fragilisent particulièrement les agents disposant des revenus les plus modestes.
Dans la fonction publique territoriale, nombre d’agents exercent pourtant des métiers indispensables, exigeants et parfois physiquement difficiles.
Ils assurent leurs missions chaque jour sans toujours bénéficier de la reconnaissance salariale correspondant à leur engagement.
Mais la question du pouvoir d’achat ne se limite pas au salaire du mois.
Elle concerne aussi l’évolution de carrière, les droits sociaux et, à terme, le montant de la retraite.
Une carrière faiblement rémunérée peut avoir des conséquences durables sur le niveau de pension.
Pour le SNT CFE-CGC, la reconnaissance du travail doit donc s’inscrire dans une réflexion globale sur les rémunérations et les parcours professionnels.
Des conditions de travail sous tension
La question salariale ne peut pas être dissociée des conditions dans lesquelles les agents exercent leurs missions.
Dans de nombreuses collectivités, les équipes doivent continuer à assurer le même niveau de service avec moins de moyens humains.
Lorsque des postes restent vacants ou ne sont pas remplacés, la charge de travail se reporte mécaniquement sur les agents présents.
Les conséquences sont bien connues : fatigue, tensions, heures supplémentaires, absentéisme, difficultés organisationnelles, risques psychosociaux et parfois perte de sens.
Un service public ne peut pas fonctionner durablement sur la seule capacité des agents à absorber toujours davantage de contraintes.
Défendre les personnels, c’est donc aussi défendre des organisations du travail soutenables et des effectifs adaptés aux missions confiées.
Retrouver du sens et des perspectives
La question du sens au travail traverse également les échanges de l’interview.
Beaucoup d’agents ont choisi la fonction publique parce qu’ils souhaitent exercer un métier utile à la collectivité.
Cette motivation demeure forte.
Mais elle peut être fragilisée lorsque les agents ont le sentiment de ne plus disposer des moyens nécessaires pour bien faire leur travail, lorsque leurs compétences sont insuffisamment reconnues ou lorsque les perspectives d’évolution semblent inexistantes.
Cette situation concerne particulièrement l’attractivité de la fonction publique auprès des nouvelles générations.
Les jeunes professionnels souhaitent naturellement pouvoir évoluer, se former, développer leurs compétences et voir leur investissement reconnu.
Sans perspectives, certains peuvent être tentés de quitter le service public.
La fonction publique territoriale doit donc être capable de proposer de véritables parcours professionnels et de mieux reconnaître les compétences de celles et ceux qui la font fonctionner.
Un syndicalisme qui ne se contente pas de constater
Pour le SNT CFE-CGC, le rôle d’un syndicat ne consiste pas seulement à dénoncer les difficultés.
Il consiste aussi à écouter, analyser, négocier et proposer des solutions.
Dire non à une décision lorsqu’elle porte atteinte aux droits ou aux conditions de travail des agents fait naturellement partie de l’action syndicale.
Mais cette opposition doit également pouvoir s’appuyer sur des arguments, des alternatives et des propositions concrètes.
C’est cette conception que porte le SNT : un syndicalisme pragmatique, indépendant et proche du terrain, capable de travailler en réseau et de mobiliser les compétences nécessaires pour défendre les agents.
Dans la fonction publique territoriale, cette proximité est essentielle puisque le dialogue social se construit directement avec les employeurs locaux : maires, présidents d’intercommunalités, présidents de départements ou de régions, directions générales et directions des ressources humaines.
Les élections professionnelles : les agents choisissent leurs représentants
Les élections professionnelles constituent un rendez-vous majeur pour l’ensemble des agents publics.
Elles permettent à chacun de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans les différentes instances du dialogue social.
Conditions de travail, rémunérations, organisation des services, santé au travail, carrières, égalité professionnelle, prévention ou action sociale : les sujets sur lesquels les représentants du personnel interviennent concernent directement le quotidien des agents.
Voter, c’est donc participer à la vie du dialogue social.
C’est aussi choisir des représentants capables de faire remonter les réalités du terrain et de défendre des propositions concrètes.
Le SNT CFE-CGC appelle tous les agents à prendre part à ce rendez-vous démocratique et à faire entendre leur voix.
Défendre les agents, c’est défendre le service public
Cette interview rappelle finalement une réalité simple : il n’existe pas de service public de qualité sans agents reconnus, respectés et correctement accompagnés.
Le Syndicat national des territoriaux continuera donc à agir pour :
- défendre le pouvoir d’achat et les rémunérations ;
- améliorer les conditions de travail ;
- prévenir les risques professionnels et psychosociaux ;
- accompagner les titulaires comme les contractuels ;
- reconnaître les compétences et les qualifications ;
- favoriser de véritables parcours professionnels ;
- renforcer le dialogue social dans les collectivités ;
- défendre des services publics de proximité disposant des moyens nécessaires à leurs missions.
Le SNT fait le choix d’un syndicalisme de terrain, de compétence et de propositions.
Parce que défendre les agents territoriaux, c’est aussi défendre les services publics et les citoyens qui en bénéficient chaque jour.







