La sécurité au travail n’est pas une question secondaire : elle conditionne la santé, la dignité et parfois même la vie des agents territoriaux. Le ministère du Travail et des Solidarités vient de lancer une nouvelle campagne nationale, diffusée du 29 novembre 2025 au 18 janvier 2026, pour renforcer la prévention des accidents du travail graves et mortels — une réalité qui touche aussi, et parfois davantage, les services des collectivités.
Pour le SNT, ce message doit résonner avec force dans la FPT : aucun agent territorial ne devrait risquer sa vie pour assurer un service public.
🔎 Accidents du travail : un niveau toujours trop élevé
Selon les données communiquées par le Ministère :
- 100 travailleurs sont blessés gravement chaque jour en France ;
- 2 travailleurs meurent quotidiennement ;
- Plus de la moitié des décès sont liés à des malaises ;
- 22 % des accidents mortels surviennent dans la première année de prise de poste,
- et chez les moins de 25 ans, cette proportion grimpe à 67 %.
Même si ces statistiques englobent l’ensemble des salariés et ne distinguent pas la FPT, elles traduisent une réalité connue des collectivités :
➡️ les nouveaux arrivants, les contractuels, les saisonniers et les jeunes agents sont particulièrement exposés.
Dans les services techniques, les routes, les espaces verts, la propreté, les interventions en hauteur, la présence du public ou l’activité physique intensive accroissent encore ces risques.
🧩 Dans les collectivités : des risques professionnels bien identifiés, mais persistants
Le Ministère rappelle les principaux risques à l’origine des accidents graves ou mortels (tous secteurs confondus) :
- risque routier,
- manutentions manuelles,
- chutes de hauteur,
- machines et équipements,
- agressions, y compris animales.
Ces risques sont particulièrement présents dans la FPT, notamment :
- chez les agents routiers,
- les agents des parcs et jardins,
- les agents d’entretien et de maintenance,
- les ASVP,
- les agents d’accueil,
- les équipes d’intervention rapide,
- les agents en contact avec des publics difficiles.
La prévention n’est donc pas un simple slogan : c’est une question vitale pour les agents.
📉 Les impacts sont doubles : humains et collectifs
Le ministère insiste sur les conséquences :
- Pour les agents victimes : blessures graves, séquelles durables, traumatismes.
- Pour les familles, les collègues, les équipes : choc, fatigue psychologique, réorganisation forcée.
- Pour les employeurs publics : absentéisme important, journées de travail perdues, coût humain et organisationnel.
Ces effets sont rappelés dans le texte ministériel, même s’ils ne sont pas chiffrés précisément pour la FPT.
🛡 Responsabilité des employeurs publics : un rappel clair
Le message de la campagne est sans ambiguïté :
« Sécurité au travail : responsabilité de l’entreprise, vigilance de tous, la prévention n’est pas une option. »
Pour les collectivités territoriales, cela signifie :
- une obligation légale d’évaluer les risques (DUERP),
- d’organiser la prévention,
- de former les agents,
- d’anticiper les risques dès la prise de poste,
- de protéger les nouveaux arrivants, souvent les plus exposés,
- de diffuser une culture de vigilance dans toute la collectivité.
Cette responsabilité n’est pas symbolique : elle engage juridiquement et moralement.
📣 Une campagne nationale qui doit résonner dans la FPT
Le Ministère déploie une campagne à plusieurs niveaux :
- 4 spots radios centrés sur le dernier message d’un salarié avant son accident ;
- un volet digital renvoyant vers securiteautravail.gouv.fr ;
- des kits de sensibilisation pour les acteurs de la prévention.
Même si ces supports sont généraux, leur contenu concerne directement les collectivités, où les ATGM restent un sujet brûlant, notamment lors des prises de poste, des remplacements et des pics d’activité.
🏛 Ce que le SNT demande pour les agents territoriaux
À partir des éléments issus du Ministère, voici les exigences syndicales cohérentes avec les constats officiels :
✔️ 1. Une formation systématique dès la prise de poste
Les premiers mois sont les plus dangereux : la formation doit être immédiate, pratique et renforcée.
✔️ 2. L’intégration réelle des contractuels, saisonniers et intérimaires
Pas de différence en matière de sécurité : un agent = une protection.
✔️ 3. Un DUERP vivant, actualisé et connu des équipes
Pas un document figé, mais un outil de prévention opérationnel, partagé et expliqué.
✔️ 4. Une communication interne claire et régulière
Les messages de vigilance ne doivent pas être ponctuels mais continus.
✔️ 5. Un suivi renforcé des situations à risque
Notamment pour les agents jeunes, isolés, ou intervenant en horaires décalés.
✔️ 6. Des moyens matériels adaptés
Protection individuelle, équipements en bon état, effectifs suffisants.
🧭 Conclusion : dans les collectivités, la prévention est l’affaire de tous
La campagne ministérielle rappelle une réalité incontournable :
➡️ les accidents du travail graves et mortels ne sont pas une fatalité.
➡️ Ils touchent d’abord les agents les plus fragiles : jeunes, précaires, nouveaux arrivants.
➡️ La prévention repose sur une organisation, une culture et des moyens.
Dans les collectivités territoriales, la protection des agents n’est pas un coût :
c’est un devoir, un enjeu de continuité du service public, et la preuve concrète du respect dû à chaque agent.






