Source : La Gazette des communes_Publié le 19/12/2025 • Par Claire Boulland
Le Syndicat National des Territoriaux (SNT) avait alerté dès la mi-décembre sur les conséquences de la revalorisation du SMIC au 1er janvier 2026 pour les agents publics, en particulier dans la fonction publique territoriale. Cette analyse est désormais confirmée par La Gazette des communes, qui vient à son tour de communiquer sur le sujet.
Conformément au décret du 17 décembre 2025, le SMIC horaire brut est porté de 11,88 € à 12,02 €, soit une hausse de 1,18 %, ce qui représente 1 823,03 € bruts mensuels sur la base de 35 heures hebdomadaires. Cette revalorisation, automatique et obligatoire, vise à préserver le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes.
Dans la fonction publique, le traitement indiciaire minimum reste toutefois fixé à l’indice majoré 366, correspondant à 1 801,74 € bruts mensuels. En l’absence de revalorisation du point d’indice ou des grilles indiciaires, ce montant devient inférieur au SMIC, ce qui impose à l’État de recourir à un mécanisme de compensation.
Dès le 1er janvier 2026, le gouvernement a donc activé le dispositif de l’indemnité différentielle, prévu par le décret n°91-769 du 2 août 1991, afin de garantir qu’aucun agent public ne soit rémunéré en-deçà du SMIC. Cette indemnité correspond strictement à la différence entre le SMIC brut mensuel et le traitement indiciaire brut, sans intégrer les primes, l’indemnité de résidence ni le supplément familial de traitement. Elle est automatiquement ajustée en cas de temps partiel ou de temps non complet.
Selon les chiffres communiqués par le ministère, cette mesure concerne environ 356 000 agents relevant des trois versants de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière). Elle touche principalement les agents de catégorie C en début de carrière, mais illustre plus largement un tassement croissant des grilles indiciaires.
Comme l’avaient déjà souligné le SNT et plusieurs organisations syndicales, cette solution ne constitue pas une revalorisation salariale pérenne. Elle permet uniquement de respecter le minimum légal, sans corriger l’érosion des écarts de rémunération entre les catégories ni reconnaître les qualifications et les responsabilités des agents publics.
La prise de position récente de La Gazette des communes confirme ainsi l’analyse portée par le SNT : en l’absence de réforme des grilles et de revalorisation du point d’indice, chaque hausse du SMIC accentue mécaniquement l’écrasement des carrières dans la fonction publique territoriale.







