Les parcours professionnels des femmes, et en particulier des agentes territoriales, restent marqués par des interruptions et des réductions d’activité liées à la maternité. Ces réalités ont longtemps été ignorées par le dispositif de retraite anticipée « carrière longue ».
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 apporte une évolution attendue. Le SNT salue cette avancée, tout en appelant à une lecture précise et à une vigilance syndicale sur son application.
Ce que la loi prévoit à compter du 1er septembre 2026
À partir du 1er septembre 2026, les femmes pourront intégrer jusqu’à deux trimestres par enfant né ou adopté depuis 2004 pour vérifier si elles remplissent la durée d’assurance requise afin de partir en retraite anticipée au titre de la carrière longue.
➡️ Ces trimestres servent à ouvrir le droit au départ anticipé.
➡️ Ils n’augmentent pas le montant de la pension.
Le SNT tient à être très clair : il s’agit d’un droit d’accès, pas d’un avantage financier supplémentaire.
Référence :
– Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, LFSS 2026, article 104
– Vie-publique.fr, décembre 2025
Une mesure encadrée par des conditions strictes
La loi distingue deux niveaux de prise en compte.
Deux trimestres par enfant pour la durée d’assurance
Les deux trimestres de majoration pour enfant existants peuvent être utilisés pour atteindre le nombre de trimestres exigé dans le cadre de la carrière longue.
Ils permettent donc, dans certains cas, de ne pas être exclue du dispositif, ce qui était fréquent jusqu’à présent pour les mères ayant commencé à travailler tôt.
Un seul trimestre intégré sous conditions renforcées
À compter du 1er septembre 2026, un seul des deux trimestres sera effectivement intégré comme trimestre réputé cotisé si, et seulement si, les trois conditions suivantes sont réunies :
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l’enfant est né après le recrutement ;
-
l’agente a interrompu ou réduit son activité professionnelle ;
-
cette interruption ou réduction a duré au moins deux mois.
Le SNT rappelle que ces conditions devront être strictement vérifiées et que la charge de la preuve reposera souvent sur l’agente. D’où l’importance de conserver tous les justificatifs.
Référence :
– Article 104, LFSS 2026
– Ministère des Solidarités, décembre 2025
Ce que cette réforme ne règle pas
Le SNT refuse toute présentation trompeuse de cette mesure.
❌ Elle n’augmente pas les pensions
❌ Elle ne compense pas les temps partiels subis
❌ Elle ne corrige pas les écarts de retraite entre les femmes et les hommes
Elle permet uniquement, dans certains cas, de partir plus tôt, sans amélioration du montant de la retraite.
Références :
– Vie-publique.fr, dossier LFSS 2026
– DREES, « Les écarts de retraite entre femmes et hommes », 2024
Pourquoi cette mesure concerne directement les agentes territoriales
Dans la fonction publique territoriale, les femmes sont nombreuses à :
-
commencer leur carrière jeunes,
-
interrompre ou réduire leur activité après une naissance,
-
se retrouver exclues du dispositif carrière longue malgré une carrière complète.
Cette réforme constitue donc une avancée ciblée, mais insuffisante, qui confirme la nécessité d’un combat syndical continu pour une retraite réellement juste.
Le rôle du SNT : informer, accompagner, défendre
Le SNT appelle toutes les agentes concernées à :
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vérifier leur relevé de carrière,
-
identifier leurs trimestres cotisés et réputés cotisés,
-
faire valoir leurs droits sans attendre,
-
se rapprocher de leurs représentants SNT pour être accompagnées.
👉 Le droit existe.
👉 Encore faut-il qu’il soit connu, appliqué correctement et défendu collectivement.
À retenir
✔ À partir du 1er septembre 2026, jusqu’à 2 trimestres par enfant peuvent permettre l’accès à la retraite anticipée « carrière longue ».
✔ Un seul trimestre est intégré sous conditions strictes liées à la maternité.
✔ Cette mesure permet de partir plus tôt, mais pas de toucher plus.






