Dans les services publics territoriaux, certains faits continuent d’être trop souvent banalisés. Remarques sexistes, propos vulgaires, attitudes à connotation sexuelle : il arrive encore que ces comportements soient présentés comme de simples « blagues », des maladresses, ou un style relationnel « un peu lourd ».
➡️ La justice administrative rappelle qu’il s’agit de fautes disciplinaires, susceptibles de conduire à la sanction la plus grave : la révocation.
L’affaire jugée concerne un agent titulaire révoqué à l’issue d’une procédure disciplinaire. Contestant cette décision, il soutenait notamment que les faits étaient prescrits, qu’ils n’étaient pas établis, qu’ils ne constituaient pas des fautes disciplinaires, et que la sanction était disproportionnée.
➡️ Le tribunal administratif rejette l’ensemble de ces arguments.
Il retient que des propos vulgaires et sexistes, des attitudes répétées à connotation sexuelle, ainsi que des manquements dans l’organisation du travail, constituent bien des fautes disciplinaires, notamment au regard de l’obligation de dignité qui s’impose à tout agent public.
Le juge souligne plusieurs éléments aggravants déterminants :
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le caractère répété des faits,
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le lien hiérarchique avec certains agents concernés,
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les conséquences sur la santé de plusieurs collègues,
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l’impact sur le fonctionnement du service.
➡️ Dans ce contexte, la révocation n’est pas jugée disproportionnée.
Cette décision n’est pas un simple épisode contentieux.
➡️ Elle montre ce qui se produit lorsque ces situations ne sont pas traitées à temps.
Quand les signaux faibles sont ignorés, les faits s’installent et s’aggravent, laissant derrière eux :
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des agents en souffrance,
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des équipes fracturées,
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une perte de confiance durable,
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des tensions professionnelles profondes,
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et parfois des carrières brisées.
➡️ Le service public lui-même en sort affaibli.
Travailler sans subir : un droit fondamental
➡️ Aucun agent territorial ne doit avoir à “encaisser” des remarques déplacées, une ambiance sexiste ou des comportements humiliants.
Ce n’est pas une question de susceptibilité.
➡️ C’est une question de dignité, de santé au travail et de sécurité professionnelle.
Un service où les agents souffrent est un service qui :
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perd en efficacité,
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perd des compétences,
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et perd du sens.
Les dispositifs d’écoute : un levier de protection
➡️ Des dispositifs d’écoute et d’accompagnement existent dans les collectivités.
Leur rôle est clair :
- écouter sans juger,
- accueillir la parole des agents,
- orienter vers les bons interlocuteurs,
- agir avant que la situation ne dégénère.
➡️ Contacter un dispositif d’écoute n’est pas “accuser”.
C’est se protéger, demander de l’aide et préserver le collectif de travail.
Témoins et encadrants : le silence n’est pas neutre
➡️ Les situations problématiques durent parce que personne n’ose parler.
Le silence, le détournement du regard ou l’inaction :
- laissent les faits se répéter,
- aggravent la souffrance,
- et exposent tout le monde.
➡️ Les témoins ne sont pas des juges, mais ils peuvent être des appuis essentiels : soutenir, orienter, alerter, accompagner.
Le message syndical : prévenir, protéger, accompagner
➡️ Parler protège.
➡️ Agir tôt évite le pire.
➡️ Se taire expose tout le monde.
La justice rappelle les conséquences possibles des comportements sexistes et déplacés.
Mais la priorité reste d’éviter que les situations atteignent un point de rupture.
Prévenir, écouter, accompagner :
➡️ ce sont les seuls moyens efficaces pour protéger les agents, préserver les collectifs et garantir un service public digne.
Un avertissement et une responsabilité collective
➡️ La dignité au travail n’est pas une option.
C’est un droit pour les agents et une obligation pour l’employeur public.
➡️ Ne pas laisser s’installer ces comportements.
➡️ Ne pas rester seul.
➡️ Demander de l’aide dès les premiers signaux.
C’est ainsi que l’on protège les personnes, et que l’on défend un service public respectueux de ses valeurs.








