Catégorie active, fumées toxiques, reconnaissance statutaire : notre démarche nationale se structure
Le SNT vous en parlait déjà en juin et juillet : nous avons décidé de porter nationalement la revendication d’une reconnaissance en catégorie active des forestiers-sapeurs, parallèlement à une véritable reconnaissance statutaire de leur métier.
Depuis, le dossier a avancé.
Et les incendies qui frappent notre pays donnent malheureusement une actualité encore plus forte à une question que nous posons depuis plusieurs mois :
les droits et la reconnaissance de ces agents sont-ils réellement à la hauteur des risques auxquels ils sont exposés ?
Du constat à la démonstration
Nous voulons désormais franchir une étape.
Il ne suffit pas d’affirmer que le métier de forestier-sapeur est difficile ou dangereux.
Nous voulons le démontrer.
Le SNT travaille donc à la constitution d’un dossier permettant de confronter les conditions réelles d’exercice au critère réglementaire utilisé pour définir la catégorie active : l’existence d’un « risque particulier ou de fatigues exceptionnelles ».
Pour cela, nous cherchons notamment à documenter les DUERP, fiches de poste, accidents de service, contraintes physiques, usure professionnelle, interventions sur les feux, brûlages dirigés, conditions climatiques, terrains difficiles et utilisation des matériels.
Un risque à mieux documenter : les fumées toxiques
C’est l’un des nouveaux axes de notre travail.
L’exposition aux fumées ne se limite pas aux grands incendies de l’été.
Pour certains forestiers-sapeurs, elle peut également intervenir lors des opérations de brûlage dirigé réalisées à d’autres périodes de l’année.
L’Anses indique que les fumées de feux de végétation peuvent contenir notamment des particules fines, du monoxyde de carbone, des oxydes d’azote, des composés organiques volatils et des hydrocarbures aromatiques polycycliques.
Fréquence d’exposition, durée, protections utilisées, prise en compte dans les DUERP, suivi en médecine préventive : nous voulons désormais objectiver cette réalité.
FORCE 06 : partir du terrain pour construire le dossier
Autre évolution de notre démarche : nous ne voulons pas prétendre que tous les forestiers-sapeurs de France exercent exactement les mêmes fonctions.
Les organisations départementales et les missions peuvent différer.
Nous voulons donc partir de situations professionnelles précisément documentées, notamment celle de FORCE 06 dans les Alpes-Maritimes, pour identifier les fonctions, contraintes et niveaux d’exposition susceptibles de justifier une reconnaissance.
L’objectif est ensuite de déterminer ce qui peut constituer un socle transposable aux agents exerçant des fonctions comparables dans d’autres départements.
C’est notre méthode :
partir du terrain pour construire une revendication nationale juridiquement solide.
En septembre, le SNT échangera avec l’association Départements de France
Une nouvelle étape institutionnelle est désormais programmée.
Le SNT a obtenu l’attention du président de l’association Départements de France et un échange consacré à la situation des forestiers-sapeurs doit avoir lieu en septembre entre le SNT et l’association Départements de France.
À ce stade, cet échange ne signifie évidemment pas que l’association Départements de France soutient la revendication portée par le SNT.
Il constitue en revanche une occasion de présenter directement le dossier à l’association représentant les Départements et de poser une question de fond :
face à l’extension du risque incendie et aux conséquences du changement climatique, quelle reconnaissance statutaire et quelles protections pour les agents territoriaux chargés de prévenir ces risques et d’intervenir sur le terrain ?
Pour le SNT, cet échange doit aussi permettre de dépasser la seule situation d’un département et d’interroger les besoins futurs des collectivités face à l’évolution du risque incendie sur le territoire national.
Le dossier sera également porté dans notre organisation CFE-CGC
Le SNT souhaite parallèlement donner une dimension fédérale et confédérale à cette démarche.
La Fédération des Services Publics CFE-CGC peut constituer un relais vers les administrations et ministères compétents.
La présence de la CFE-CGC au Conseil commun de la fonction publique et nos possibilités de dialogue avec la DGAFP constituent également des leviers que nous voulons mobiliser.
L’objectif est désormais d’obtenir l’ouverture d’une véritable instruction du dossier par les pouvoirs publics.
Chères lectrices, chers lecteurs : voilà ce qui différencie le SNT
Au-delà du seul dossier des forestiers-sapeurs, cette démarche illustre pleinement la méthode du SNT.
Notre syndicalisme ne se construit pas à distance des agents.
Il part des réalités vécues dans les services, des difficultés rencontrées sur le terrain et des revendications portées localement.
Puis nous faisons notre travail :
écouter → vérifier → documenter → construire la revendication → mobiliser les bons leviers → agir.
C’est exactement ce que nous faisons aujourd’hui avec les forestiers-sapeurs.
Une problématique identifiée sur le terrain devient progressivement un dossier :
- professionnel, avec les missions réellement exercées ;
- préventif, avec le DUERP, la pénibilité, l’usure professionnelle et l’exposition aux fumées toxiques ;
- statutaire, avec la question de la reconnaissance du métier ;
- réglementaire, avec la revendication de la catégorie active ;
- institutionnel, avec les démarches auprès des parlementaires et de l’association Départements de France ;
- fédéral et confédéral, en mobilisant les capacités d’intervention de la CFE-CGC auprès des administrations et des pouvoirs publics.
Voilà ce qui différencie le SNT.
Nous sommes capables de partir d’un problème très local et de le porter jusqu’au niveau national lorsque la situation l’exige.
Mais l’inverse est tout aussi vrai : les leviers obtenus au niveau national doivent ensuite revenir renforcer les agents et les sections sur le terrain.
Le local nourrit le national.
Le national donne de la force au local.
C’est cette complémentarité qui donne tout son sens à notre conception du syndicalisme.
À quelques mois des élections professionnelles de décembre 2026, c’est aussi le message que nous voulons adresser aux agents territoriaux :
voter pour le SNT, ce n’est pas simplement choisir un sigle.
C’est choisir une organisation capable de prendre une réalité professionnelle concrète, de la transformer en revendication argumentée et de mobiliser, du service jusqu’aux institutions nationales, tous les leviers dont elle dispose pour tenter de la faire aboutir.
Nous ne promettons pas que chaque combat sera gagné.
Nous promettons de les mener avec méthode, professionnalisme, détermination et en restant toujours connectés aux réalités du terrain.
Le SNT ne promet pas. Il construit.
Nous savons qu’une modification de la reconnaissance statutaire ou du classement en catégorie active ne s’obtient pas par un slogan.
Il faudra convaincre.
Il faudra documenter.
Il faudra probablement lever des objections réglementaires, financières et statutaires.
Et il faudra construire le rapport de force nécessaire.
C’est précisément ce travail que le SNT a engagé.
Après avoir fait connaître le métier, puis posé publiquement la revendication de la catégorie active, nous entrons maintenant dans une nouvelle phase :
documenter → démontrer → interpeller → négocier.
Avec une conviction :
face aux risques de demain, la reconnaissance des agents ne peut pas rester figée dans les règles d’hier.
C’est cela, le SNT : partir du terrain, agir localement, peser nationalement et mobiliser tous les leviers disponibles au service des agents.
Force 06 : De simples adjoints techniques ?














