Chaque été, lorsque les feux menacent nos massifs, les forestiers-sapeurs sont en première ligne.
Dans les Alpes-Maritimes, les agents de FORCE 06 assurent au quotidien des missions de prévention, d’entretien des équipements de défense des forêts contre l’incendie, de surveillance des massifs, de détection précoce, d’intervention sur les feux naissants et d’appui aux sapeurs-pompiers sur les incendies déclarés.
Ces missions ne sont pas théoriques. Elles s’exercent sur le terrain, dans des conditions parfois difficiles, exposées aux fumées, aux fortes chaleurs, aux terrains escarpés, aux engins, aux intempéries et aux situations de crise.
Les forestiers-sapeurs interviennent aussi lors d’événements naturels majeurs : inondations, tempêtes, déneigement, pollutions, sécurisation après sinistre ou catastrophe naturelle. Leur engagement ne se limite donc pas à la saison estivale. Il s’inscrit dans une présence permanente au service des populations, des territoires et de la protection de l’environnement.
Pour le SNT, une question simple doit désormais être posée :
« Comment peut-on reconnaître l’utilité opérationnelle de ces agents sur le terrain tout en continuant à les considérer administrativement comme des agents sédentaires ? »
Cette situation n’est plus acceptable.
La catégorie active existe précisément pour les emplois présentant un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles. Or les missions exercées par les forestiers-sapeurs répondent à cette réalité : pénibilité physique, exposition aux risques naturels, intervention dans des environnements dégradés, contraintes saisonnières fortes, mobilisation en période de crise et usure professionnelle.
Le SNT ne demande pas un privilège.
« Le SNT demande une reconnaissance juste, cohérente et adaptée à la réalité des missions ».
Cette reconnaissance doit passer par le classement des emplois de forestiers-sapeurs en catégorie active, afin que les services accomplis par ces agents soient reconnus comme des services actifs lorsque les conditions réglementaires sont remplies.
Cette évolution serait une mesure de justice sociale.
Elle permettrait de mieux prendre en compte la pénibilité réelle du métier, les risques professionnels encourus et l’usure liée à des missions exercées durablement sur le terrain.
Elle serait aussi un signal fort envoyé aux agents territoriaux : la reconnaissance ne peut pas se limiter aux discours, aux hommages ou aux médailles. Elle doit produire des droits concrets.
Le SNT demande donc :
- l’ouverture d’un chantier national sur la reconnaissance statutaire des forestiers-sapeurs ;
- le classement des emplois concernés en catégorie active ;
- la prise en compte effective de la pénibilité dans les parcours professionnels ;
- une meilleure reconnaissance des risques professionnels ;
- des conditions de retraite cohérentes avec la réalité des missions exercées ;
- une doctrine claire de complémentarité avec les sapeurs-pompiers, sans confusion des métiers.
« Les forestiers-sapeurs et les sapeurs-pompiers n’exercent pas le même métier. Ils ne doivent pas être opposés. Ils sont complémentaires ».
Les uns assurent une présence quotidienne dans les massifs, entretiennent les équipements de défense contre l’incendie, connaissent les accès, les pistes, les points d’eau et les zones sensibles. Les autres disposent des moyens humains et matériels nécessaires aux opérations de secours et à la lutte contre les incendies de grande ampleur.
Cette complémentarité fait la force du dispositif.
« Mais la complémentarité ne doit pas servir d’alibi à l’invisibilisation statutaire ».
Face au changement climatique, à l’allongement des périodes de risque, à la multiplication des événements extrêmes et aux besoins croissants de protection des populations, la France aura de plus en plus besoin de ces agents.
Le SNT le dit clairement :
« Il est temps que le statut des forestiers-sapeurs soit à la hauteur de leur engagement ».
Un agent qui intervient sur les feux naissants, qui entretient les pistes DFCI, qui surveille les massifs, qui travaille dans des conditions physiques difficiles et qui participe à la gestion des crises naturelles ne peut pas être traité comme si son emploi ne présentait ni risque particulier ni fatigue exceptionnelle.
La reconnaissance du service actif pour les forestiers-sapeurs est une demande légitime.
Le SNT portera cette revendication avec détermination, aux côtés des agents concernés, pour obtenir une évolution statutaire enfin conforme à la réalité du terrain.












