à droite, Askandari Allaoui
Le 18 juin 2026, Mayotte était représentée à Paris lors des 12es Rencontres internationales du dialogue social, à travers la participation de notre collègue Askandari Allaoui, président de la section SNT du Conseil départemental de Mayotte.
Cette présence est un signal fort : les agents territoriaux de Mayotte ont toute leur place dans les grands débats nationaux et internationaux qui interrogent l’avenir du travail, des services publics et du dialogue social.
Organisées à Paris, ces Rencontres ont rassemblé responsables syndicaux, employeurs, experts, décideurs publics et acteurs du monde social autour d’une question centrale : comment construire un dialogue social capable d’accompagner les grandes transformations du monde du travail, sans laisser les agents au bord du chemin ?
Parmi les temps forts de cette journée, un débat a particulièrement retenu l’attention : celui consacré à l’impact de l’intelligence artificielle dans les organisations et à la place que doivent y prendre les représentants du personnel.
L’intelligence artificielle : un sujet social avant d’être un sujet technique
L’IA est trop souvent présentée comme une simple question d’outils, de logiciels ou de performance. Les échanges ont rappelé qu’elle pose aussi des questions profondément humaines : conditions de travail, reconnaissance des compétences, évolution des métiers, protection des données, organisation des services, qualité du service rendu aux usagers et place de la décision humaine.
Chaque révolution technologique suscite des inquiétudes. L’arrivée massive du numérique avait déjà transformé les méthodes de travail, les relations professionnelles et les attentes des usagers. L’IA ouvre une nouvelle étape. L’enjeu n’est donc pas de rejeter l’innovation, mais de refuser qu’elle s’impose sans débat, sans cadre et sans accompagnement.
Pour le SNT, une conviction s’impose : l’innovation ne doit jamais se faire contre les agents, mais avec eux.
Le dialogue social doit être au cœur des transformations
Les représentants du personnel ont un rôle déterminant à jouer. Ils doivent pouvoir interroger les usages concrets de l’IA avant leur déploiement : quels outils seront utilisés ? Pour quelles missions ? Avec quelles garanties ? Quel impact sur les postes, les charges de travail, les compétences, les responsabilités et la relation aux usagers ?
Dans les collectivités territoriales, ces questions ne sont pas théoriques. L’IA peut déjà concerner la rédaction administrative, le traitement des courriers, l’accueil des usagers, l’analyse de données, la gestion des dossiers, la maintenance, l’organisation interne ou encore l’aide à la décision.
Ces évolutions peuvent apporter des gains de temps et faciliter certaines tâches. Mais elles peuvent aussi entraîner de nouveaux risques : perte de sens, intensification du travail, surveillance accrue, fracture numérique entre agents, décisions automatisées mal comprises ou dilution des responsabilités.
C’est précisément pour cette raison que le dialogue social doit intervenir en amont. Les agents doivent être informés, associés, formés et protégés.
Ne pas subir l’IA : l’encadrer, l’expliquer, la négocier
L’un des constats partagés lors de ces échanges est clair : tout le monde parle d’intelligence artificielle, mais peu d’organisations ont réellement ouvert un débat structuré sur ses conséquences concrètes dans le travail quotidien.
Pour le SNT, il faut dépasser les discours généraux. Dans les collectivités, l’IA doit faire l’objet d’une réflexion collective autour de plusieurs exigences :
➡️ garantir la maîtrise humaine des décisions ;
➡️ protéger les données des agents et des usagers ;
➡️ former les personnels aux nouveaux outils ;
➡️ éviter les usages imposés sans concertation ;
➡️ mesurer les effets réels sur la charge de travail ;
➡️ préserver la qualité du service public ;
➡️ associer les représentants du personnel dès les premières expérimentations.
L’IA ne doit pas devenir un outil de contournement du dialogue social. Elle doit au contraire ouvrir un espace de discussion sur le travail réel, les besoins des agents et les conditions d’un service public moderne, humain et accessible.
Une présence mahoraise qui compte
La participation d’Askandari Allaoui à ces Rencontres illustre l’engagement du SNT à faire entendre la voix de tous les territoires, y compris ceux qui sont trop souvent éloignés des grands lieux de décision.
Mayotte connaît des réalités particulières, des contraintes fortes et des besoins spécifiques. Porter la parole des agents territoriaux mahorais dans un événement de cette nature, c’est rappeler que les transformations du travail ne doivent pas être pensées uniquement depuis les grands centres administratifs ou économiques.
Le dialogue social doit être national, mais aussi territorial. Il doit tenir compte des réalités de terrain, des moyens disponibles, des attentes des agents et des spécificités locales.
Pour le SNT : anticiper pour défendre l’humain
Ces échanges renforcent une orientation claire : le SNT doit continuer à anticiper les transformations à venir, afin que les agents ne découvrent pas les changements une fois les décisions déjà prises.
L’intelligence artificielle peut être un outil utile si elle reste encadrée, expliquée et maîtrisée. Elle peut contribuer à améliorer certaines tâches, à simplifier des procédures ou à soutenir l’action publique. Mais elle ne remplacera jamais l’expérience professionnelle, le discernement, la relation humaine et l’engagement quotidien des agents territoriaux.
Notre responsabilité syndicale est donc d’être présents dans ces débats, d’exiger de la transparence, de défendre les garanties collectives et de rappeler que la modernisation du service public n’a de sens que si elle respecte celles et ceux qui le font vivre.
👏 Félicitations à Askandari Allaoui pour son engagement et pour avoir porté la voix des agents territoriaux de Mayotte lors de cet événement international.
Le SNT continuera à défendre un dialogue social exigeant, utile et tourné vers l’avenir, au service des agents, des collectivités et des citoyens.








