La fonction publique territoriale compte une proportion élevée d’agents de 50 ans ou plus. Dans le même temps, le baromètre WTW constate un allongement des arrêts maladie. Ces deux constats ne suffisent pas à démontrer une relation de cause à effet, mais leur rapprochement mérite mieux qu’une simple lecture comptable des absences.
Selon la DGAFP, 44 % des agents territoriaux ont au moins 50 ans en 2024, contre 36 % dans la fonction publique de l’État et 32 % dans l’hospitalière. La territoriale est ainsi le versant où cette proportion est la plus élevée. À l’échelle de l’ensemble de la fonction publique, la part des agents de 50 ans ou plus est passée de 30 % en 2011 à 38 % en 2024. Le vieillissement des effectifs constitue donc une réalité documentée.
Le baromètre WTW est une étude statistique consacrée aux absences au travail dans les collectivités territoriales. Son édition 2026 porte sur les données de 2025 de plus de 10 000 collectivités et 260 000 agents. Elle présente notamment les taux d’absence, la durée moyenne des arrêts et des différences selon l’âge. Ces résultats décrivent la population étudiée, sans constituer un recensement exhaustif de la territoriale.
WTW annonce un taux global d’absentéisme stable à 6,1 %, mais une durée moyenne des arrêts pour maladie ordinaire atteignant 38 jours, soit 20 % de plus en deux ans. Le taux d’absence pour maladie ordinaire des plus de 50 ans dépasse 7 %, presque deux fois celui des 30–50 ans. Une association entre âge et absentéisme apparaît donc dans ses résultats.
Il paraît raisonnable d’envisager qu’une proportion importante d’agents plus âgés contribue au niveau d’absentéisme observé. Lorsqu’un groupe présente un taux d’absence plus élevé, son poids dans les effectifs peut peser sur le résultat global. Cela ne permet toutefois pas d’attribuer les 20 % d’allongement des arrêts au vieillissement : les deux publications concernent des années et des populations différentes et ne suivent pas les mêmes agents dans le temps.
Une distinction doit également être préservée : un taux d’absence plus élevé ne signifie pas nécessairement des arrêts plus fréquents. Il peut correspondre à des arrêts plus longs, plus nombreux, ou aux deux. Les données présentées ne permettent pas de départager ces mécanismes par âge.
La réflexion doit aussi porter sur le travail. WTW évoque l’usure professionnelle, les risques psychosociaux et les contraintes organisationnelles. Il faut donc examiner ensemble l’âge, les métiers, les expositions accumulées et les possibilités d’adaptation des postes.
Pour le SNT, ce rapprochement justifie de demander aux collectivités une analyse des absences distinguant leur fréquence et leur durée, par tranche d’âge et par métier, à partir de données agrégées préservant la confidentialité. Leur suivi permettrait de rechercher si les évolutions tiennent à la structure des effectifs, à certains postes ou à des difficultés propres à des services.
Nous défendons également une prévention engagée tout au long de la carrière : réduction des contraintes physiques, équipements adaptés, examen de la charge de travail et prévention des risques psychosociaux. Les aménagements de poste, la formation et les possibilités de mobilité doivent pouvoir être discutés avant que la santé ne se dégrade.
Le lien exact reste à mesurer, mais les signaux disponibles justifient de l’examiner sérieusement. La question syndicale est bien celle-ci : comment permettre aux agents d’avancer en âge tout en continuant à travailler dans des conditions compatibles avec leur santé ?
Sources : DGAFP, « Les agents de 50 ans ou plus dans la fonction publique en 2024 », 15 octobre 2026 ; WTW, « Absentéisme dans la fonction publique territoriale : chiffres clés du Baromètre 2026 », 15 octobre 2026.







