Quand on commence à penser retraite, la première question qui revient souvent est la même : à quel âge pourrai-je partir, et pour quel montant ?
Mais selon la CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales), avant même de parler d’âge de départ ou de pension, une étape s’impose : s’assurer que sa carrière est complète et correctement enregistrée.
Car une retraite se calcule sur des données administratives. Et si ces données sont incomplètes ou erronées, les conséquences peuvent être importantes : trimestres manquants, pension réduite, ou départ retardé.
Des erreurs fréquentes… et parfois invisibles
Le SNT rappelle que les anomalies de carrière sont plus courantes qu’on ne le croit. Elles peuvent concerner :
- des périodes d’activité oubliées,
- un temps partiel mal pris en compte,
- une disponibilité ou un congé non enregistré,
- un changement d’employeur mal reporté,
- ou encore un passage entre secteur public et secteur privé incomplet.
Le problème, c’est que ces erreurs restent souvent invisibles pendant des années. Elles ne ressortent parfois qu’au moment où l’agent demande une estimation ou prépare son départ. Et à ce stade, corriger une carrière peut devenir long, complexe, et stressant.
Une démarche simple, mais décisive
Pour vérifier sa situation, la CNRACL invite les agents à consulter leur compte individuel retraite depuis leur espace personnel sur le portail Ma Retraite publique.
Cette consultation permet de vérifier si toutes les périodes travaillées sont bien enregistrées, et si les éléments essentiels (quotité de travail, dates, interruptions, etc.) correspondent à la réalité.
En cas d’anomalie, c’est l’employeur public qui doit agir
Un point essentiel est souvent mal compris : selon la CNRACL, l’agent ne peut pas corriger seul sa carrière, et il est inutile de solliciter directement la caisse pour faire modifier les données.
Si une période manquante concerne la fonction publique, c’est le service des ressources humaines de l’employeur public (actuel ou dernier employeur public) qui doit effectuer la correction.
Concrètement, cela signifie que l’agent doit se rapprocher de son RH, signaler les périodes manquantes, et fournir les justificatifs nécessaires (arrêtés, contrats, attestations, etc.).
Et pour les périodes dans le privé ?
La CNRACL précise que lorsque l’anomalie concerne une période relevant du secteur privé, la démarche est différente : il faut alors se rapprocher de l’organisme compétent du régime général, notamment la CARSAT.
Anticiper pour éviter les mauvaises surprises
Le message est simple : plus on vérifie tôt, plus on se protège.
Attendre les dernières années de carrière pour faire ce contrôle, c’est prendre le risque de découvrir tardivement un problème qui demandera plusieurs semaines — parfois plusieurs mois — à être corrigé.
Dans un contexte où les parcours professionnels sont de moins en moins linéaires, ce réflexe devient essentiel. Car, comme le rappelle la CNRACL, la retraite n’est pas seulement une échéance : c’est un droit, qui repose sur une carrière correctement retracée.
Source : information CNRACL, article “La mise à jour de ma carrière : l’étape incontournable pour connaître mes droits à la retraite”, 4 février 2026.







