Parce que derrière les débats, il y a une réalité : votre santé au travail.
Les RPS : un risque organisationnel avant d’être individuel
Les risques psychosociaux ne relèvent pas uniquement de situations personnelles. Ils trouvent leur origine dans les conditions d’exercice du travail : organisation, charge, rythme, marges de manœuvre, clarté des responsabilités, fonctionnement hiérarchique, tensions relationnelles, réorganisations, objectifs, contraintes contradictoires.
Traiter les conséquences (stress, épuisement, conflits, désengagement, absentéisme) sans analyser les causes revient à intervenir trop tard.
Une prévention efficace repose d’abord sur l’identification des facteurs de risques et sur leur réduction à la source.
L’écoute est nécessaire, mais elle ne constitue pas une politique de prévention
L’écoute des agents est indispensable. Mais elle ne peut pas être le seul outil.
Recevoir une alerte ou un témoignage engage une responsabilité. Cela nécessite un cadre formalisé, une procédure sécurisée, une qualification précise de la situation, et une distinction entre ce qui relève d’un accompagnement individuel et ce qui relève d’un dysfonctionnement organisationnel.
Sans protocole, l’alerte reste isolée. Avec un protocole, elle devient un levier d’action.
C’est précisément la logique défendue par le travail engagé dès 2021 par le groupe de travail dédié (SNT Vosges) et présenté en CHSCT : mettre en place une procédure structurée d’« alerte RPS » permettant :
- un entretien de traitement cadré ;
- une orientation adaptée si la situation relève d’un accompagnement individuel (médical, psychologique, aménagement, RH) ;
- et, lorsque l’organisation du travail est en cause, une analyse des situations concernées ;
- la définition d’un plan d’action ;
- puis un suivi et une évaluation des mesures mises en œuvre.
L’objectif est clair : éviter que des difficultés individuelles ne s’installent durablement ou ne se diffusent au sein d’un service.
Priorité à la prévention primaire : agir sur les causes
En santé au travail, on distingue classiquement trois niveaux d’intervention : prévention primaire, secondaire et tertiaire.
Le SNT défend une priorité claire : renforcer la prévention primaire.
Cela signifie, concrètement :
- analyser le travail réel ;
- réexaminer la répartition des charges et des moyens ;
- clarifier les rôles et les responsabilités ;
- anticiper les effets des réorganisations ;
- intégrer l’impact des départs et absences sur les équipes ;
- objectiver les signaux d’alerte (absentéisme, restrictions médicales, tensions internes, mobilité subie, conflits répétés, turn-over).
Cette approche ne s’oppose pas à l’accompagnement individuel. Elle vise à éviter que les situations individuelles ne se multiplient.
Une prévention crédible repose sur des outils et un pilotage
La prévention des RPS nécessite :
- des outils clairs et partagés ;
- des procédures compréhensibles ;
- une articulation entre encadrement, RH, médecine, QVT et F3SCT ;
- une traçabilité des alertes ;
- un suivi et une évaluation des actions engagées.
La prévention ne se mesure pas à la force des discours. Elle se mesure à la capacité à améliorer concrètement les conditions de travail.
Un objectif commun : protéger les agents, durablement
La santé au travail exige de la rigueur, de la méthode et une volonté collective d’agir sur l’organisation du travail.
Le SNT restera mobilisé pour que la prévention des risques psychosociaux soit une politique structurée, opérationnelle et durable, centrée sur l’amélioration réelle des conditions de travail.
Parce que protéger les agents, ce n’est pas seulement constater les difficultés :
c’est construire un système capable de les prévenir, de les traiter et de les réduire.







